Manobu descendit du bus qui venait de le déposer, lui et accessoirement ses trois énormes valises devant sa nouvelle école. Le conducteur, extrêmement aimable se contenta de signifier a notre jeune arrivant qu'il était arrivé a bon port et qu'il fallait qu'il descende assez rapidement avant d'être confronté a la situation suivantes, les portes se referment et le bus repars quand au garçon il descendrait ou il pourrait.
Devant la vindicte de cet admirable autochtone, Manobu préféra jeter plus que décharger ses malles sur le trottoir et y sauter a son tour avant que les portes ne se referment et qu'il soit séparé à tout jamais de ses affaires. Sur le trottoir donc et de fort méchante humeur il regarda s'enfuir au loin le bus et son conducteur et enfin, daigna regarder ou il se trouvait. L'endroit était grand, pour l'instant tranquille, on était au milieu de la journée tout le monde devait être en cours, ajoutons a cela qu'il faisait un froid de canard et la ... c'était la cerise sur le gâteau ... et le gâteau étalé dans la face comble de malchance.
Manobu en était là de ses réflexions lorsqu'une jeune fille s'arrêta à sa hauteur et lui demanda courtoisement s’il avait besoin d'aide. Il faut dire que sa vision au milieu des valises comme tombées du ciel pouvaient paraitre étrange. Piqué au vif il répondit un peu trop vite qu'il allait se débrouiller - mais merci quand même- et empoignant les objets du délit, il se dirigeât en mode mi varappe mi singe dans le hall du pensionnat afin d'y rechercher la direction de sa chambre. De toute façon, étant donné qu'il avait raté le train puis le premier bus et c’était endormi dans le deuxième il était déjà en retard donc ... et puis c'aurait été probablement grossier de se précipiter en cours couvert de sueur, les malles aux mains, qui ne passeraient sans doute jamais dans la porte et risquaient de s'ouvrir par la même occasion avec tous les petits désagréments qui s'en suivraient. Désagréments qui s'étalaient allégrement du bri d'un pot d'encre de chine maculant tous les environs, à un mi vol mi fuite de sous vêtements comme par hasard posés sur le dessus de la valise. Non il valait mieux regagner sa chambre tout bien ranger se doucher et remettre a demain ce qu'il aurait du faire aujourd'hui. (Ca commençait bien)
Il franchit donc les portes de l'école avec une démarche digne ... enfin digne pour un crabe boiteux unijambiste et se rendit devant le plan installé astucieusement en face de la porte mais devant lequel se pressaient plusieurs élèves. Peu disposé à les bousculer et a provoquer des remous dès le premier jour, il posa ses valises a quelques pas et sans les lâcher des yeux et se massant les reins, il regarda le panneau avec attention sans y trouver son nom. Ni le sien ni celui des autres d'ailleurs. Manobu se frappa sur le front, une école ne se serait jamais risquée à faire paraitre le nom des élèves sur un tableau.
Mais ou allait-il donc pouvoir trouver le numéro de sa chambre ? Désabusé il s'assit sur ses valises le menton entre les mains pour réfléchir. Les élèves passaient devant lui et le regardaient curieusement mais aucun d'entre eux ne voulut s'arrêter pour lui porter aide. Et soudain le flash, il avait reçut quelques jours avant une lettre de l'école qui donnaient tout un tat d'infos très intéressantes dont le nom de la chambre ou il devait loger sauf que ... cette lettre se trouvait au fond d'une des valises. Dans un soupir déchirant, Manobu ouvrit la première d'entre elle et dissimulant un maximum de ses affaires aux yeux curieux envisageât de chercher la fameuse missive.
Le poids de cette journée pressait déjà cruellement sur sa nuque.